HomeLa crème de la crèmeQuand les médecins orthopédistes font rayonner leur vocation jusqu’au Burundi…

Quand les médecins orthopédistes font rayonner leur vocation jusqu’au Burundi…

Des besoins criants

C’est au début des années 2000 que germe l’idée de se rendre au Burundi chez l’orthopédiste, Dr Christopher Carter. Plus exactement en 2003-2004, pendant une 1re mission de 3 mois réalisée avec Médecins sans frontières (MSF), Dr carter constate l’énormité des besoins en orthopédie et traumatologie dans ce pays, que ce soit en termes de matériel ou de ressources humaines. En effet, les Burundais doivent compter sur une poignée de chirurgiens généraux, parfois même pas formés, pour s’occuper de toutes sortes de cas : traumatismes de la route, blessures de guerre (guerre civile 1994-2004), infections osseuses (surtout chez l’enfant), pieds bots et autres déformations congénitales.

Une initiative du Dr Carter qui fait date

À l’approche de la retraite, Dr Carter fonde l’organisme La Fondation pour le Développement de l’Orthopédie au Burundi et repart au Burundi en 2011 pour 4 mois. Il y retournera chaque année pour des missions de 4 à 6 mois, accompagné d’autres médecins jusqu’en 2015. Pendant ces 5 années, plusieurs spécialistes en orthopédie (adulte et pédiatrique), plastie, anesthésie, infirmières de bloc opératoire, surtout en provenance de l’Hôpital Charles LeMoyne et de l’Hôpital SteJustine, se succèdent pour des séjours de courte durée afin de former des médecins locaux et de pratiquer des chirurgies orthopédiques. Les volontaires amènent aussi du matériel donné par des hôpitaux ou achetés en ligne à prix modique.

Une situation politique instable

Malheureusement, en mai 2015, suite à des contestations populaires et une tentative de coup d’état manquée, des violences éclatent dans la capitale. Le directeur général de l’hôpital monté avec l’aide de la fondation est victime de représailles et l’installation (avec tout son équipement) est saisie par l’armée. De nombreuses tueries et vengeances politiques ont lieu et les missions humanitaires doivent être interrompues.

Une passion devenue contagieuse

Les missions à répétition du Dr Carter ne sont pas passées inaperçues pour autant. Une fois la paix revenue au Burundi, Dr Wadih Matar, spécialiste en prothèses du genou et de la hanche, décide d’accompagner Dr Carter pour une courte mission de 2 semaines en mars 2019.

Les prothèses de la hanche (PTH) sont très en demande au Burundi car les pathologies de la hanche sont très répandues (séquelles d’infections ou fractures mal soignées). La majorité des patients sont des jeunes, par ailleurs en bonne santé, mais handicapés à cause d’une hanche douloureuse ou non fonctionnelle.

La prothèse de la hanche n’étant pas disponible au pays, seuls les gens très aisés vont se faire soigner en Inde pour plusieurs milliers de dollars. Pour la plupart, se faire soigner n’est même pas envisageable.

Des chirurgies de la hanche à moindre coût

Grâce à des dons de compagnies médicales, de l’équipement récupéré, des prothèses achetées en ligne, le tout transporté dans les valises de Dr Matar, nos deux médecins ont pu procéder à des remplacements de la hanche. Dr Carter et Dr Matar ont même fabriqué d’autres items comme des accessoires de table d’opération! Ainsi, les chirurgies réalisées ont pu l’être au coût de 230 $ US par prothèse au lieu de 10.000 $ pour celles qui se font en Inde. Les familles qui le pouvaient ont remboursé ces frais, pour les autres, nos deux médecins n’ont pas insisté car tous avaient aussi les frais d’hôpital à payer en plus.

Collaboration locale et perspectives d’avenir

Durant leur séjour, Dr Carter et Dr Matar ont travaillé en étroite collaboration avec un chirurgien et un résident burundais. Dr Matar a même formé le chirurgien afin qu’il puisse continuer à faire des arthroplasties de la hanche après leur départ. En plus de l’équipement d’arthroplastie, nos volontaires ont apporté de l’équipement pour réparer les fractures de la hanche instables. En matière d’équipement, il a également fallu apporter de quoi convertir une table d’opération en table de traction pour pouvoir opérer ces fractures de la hanche, ainsi que des clous verrouillés pour la fixation des fractures de tibia et fémur. Les malades et le personnel de l’hôpital où nos deux médecins ont opéré ont grandement apprécié leur présence.

Le directeur leur a d’ailleurs demandé de revenir… « C’est votre hôpital! », s’est-il exclamé… L’idée de créer un partenariat avec un hôpital canadien (voire le CISSS de l’Outaouais, qui sait?) a même été soulevée.

Avis aux intéressés…

Ce type de séjour est extrêmement valorisant pour les professionnels qui s’y engagent. Une pluie de « Que Dieu vous bénisse! » arrose les volontaires qui se sentent vraiment utiles dans un tel contexte. Comme dit le Dr carter : « ça donne le goût d’y retourner! »; ce qu’il fera d’ailleurs dès cet automne!

Si ce récit vous titille et éveille chez vous un intérêt, sachez que des arrangements sont possibles pour toute personne pouvant s’y rendre à ses frais. Sont en demande : orthopédistes, orthopédistes pédiatriques, plasticiens (beaucoup de contractures par brûlure), anesthésistes, infirmiers/ infirmières du bloc, personnes à tout faire.

Le français est parlé presque partout au pays et le coût de la vie est très bas pour une excellente qualité de vie! Sachez aussi qu’on peut soumettre ses reçus pour déduire les frais de voyage de son impôt. Alors, n’hésitez plus! À bon entendeur…

Pour en savoir plus : www.fdoburundi.com

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