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Des vidéoconférences qui font du bien

Je reçois l’appel de ma gestionnaire mercredi avant le long week-end de Pâques. La demande est claire mais la commande est grosse… quelques jours pour pondre un groupe. On respire…1,2,3.  

Je constate depuis plusieurs semaines que dans les différents médias, un tsunami d’informations déferle d’heure en heure, suivi de démentis. L’anxiété est palpable, il faut faire quelque chose et rapidement.

Le défi : soutenir des gens qui vont habituellement bien, mais pour qui la situation actuelle dépasse les capacités d’adaptation. Un des objectifs du groupe est de donner des outils de base à une population fragile, une population en détresse, mais capable de prendre soin d’elle-même si elle a les bons outils en main.  

Agir rapidement en contexte de pandémie

Pour répondre rapidement à la demande, j’ai commencé par regarder ce qui était déjà disponible. J’ai aussi pris connaissance des différents besoins et inquiétudes nommés dans les médias. Les ateliers proviennent de là, de la réalité mars 2020.  

Les différents ateliers sont tous indépendants les uns des autres, la forme est toujours la même, un contenu théorique, des outils et des ressources adéquates. Cette façon de procéder nous permet d’y référer des usagers pour quelques rencontres (les thèmes les plus pertinents pour leur situation) ou pour tout le programme. Le contenu s’est dessiné de cette façon.  

Il y a aussi de nouvelles contraintes à prendre en considération… La plupart des gens sont en télétravail et pour plusieurs, les enfants sont à la maison. On est loin d’un contexte idéal! Le contenu doit être accessible et facile à utiliser aussi parce que certains perdront la connexion internet, d’autres ne pourront pas participer à toute la rencontre à cause de la rencontre TEAMS du petit dernier avec son professeur, etc.. Toutes ces raisons ont fait que nous avons dû bien réfléchir lecontenu et le contenant de nos ateliers et comment bien les faire tout en procédant différemment.  

Ce groupe-là ne va pas en thérapie mais a besoin d’outils d’autosoin, adaptés aux situations du quotidien – gestion de l’anxiété, gestion des émotions, gestion des conflits, mettre des limites.  

Mon souhait en faisant ce groupe, c’était aussi de permettre aux gens de souffler un peu, de leur donner un temps, un endroit pour se dire « c’est correct d’être anxieux, c’est correct de trouver ça difficile d’être avec ma famille 24 heures sur 24, 7 jours par semaine »  

« Vivre en temps de crise », c’est l’aboutissement de réflexions, de remises en question, mais c’est surtout le souci d’aider ceux et celles qu’on ne voyait pas dans nos services, d’accueillir la détresse et d’avoir des moyens à proposer rapidement. « Vivre en temps de crise » c’est le coup de main dont on a tous besoin à un moment ou un autre dans notre vie, non pas parce qu’on n’est pas capables, mais parce qu’on est dépassés. « Vivre en temps de crise », ça concerne tout le monde.  


Dominique Labelle

Agente de relations humaines – service réadaptation intensive

Direction santé mentale et dépendance

Centre de santé et services sociaux de l’Outaouais


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